« Je ne crois ni à ce que je touche, ni à ce que je vois. Je ne crois qu’à ce que je ne vois pas et uniquement à ce que je sens. – Gustave Moreau»
Après ma visite du Musée Dalí à Paris, dont je vous ai parlé dans mon précédent article, mon voyage artistique dans la capitale continue. 😉 Cette fois, changement d’ambiance ! Je quitte l’univers surréaliste et extravagant de Salvador Dalí pour pousser la porte d’un lieu beaucoup plus intime : le Musée Gustave Moreau.
Pour la première fois, je n’allais pas seulement découvrir les œuvres d’un artiste dans un musée. J’allais entrer chez lui. Découvrir son appartement, ses meubles, ses objets, ses souvenirs, puis monter jusqu’aux immenses ateliers où sont encore exposées ses peintures. J’ai trouvé cette expérience unique. Visiter un musée permet de découvrir l’œuvre d’un peintre, mais entrer dans son lieu de vie permet de découvrir l’homme qui se cache derrière ses tableaux. 😃 Et je dois vous l’avouer : Moreau avait du goût ! 😉
Le Musée Gustave Moreau : bien plus qu’un simple musée
Le Musée Gustave Moreau se trouve au 14 rue de La Rochefoucauld, dans le 9e arrondissement. Mais contrairement à beaucoup de musées, celui-ci n’a pas été installé dans un bâtiment choisi après la mort de l’artiste. Nous sommes réellement dans son appartement. 😃
Le peintre y a vécu avec ses parents, puis seul. À la fin de sa vie, il commence à imaginer ce que deviendront toutes les œuvres qu’il a accumulées au fil des années. Il a donc décidé de conserver l’ensemble de ses créations afin que l’on puisse comprendre son univers dans sa globalité. Il transforme donc sa maison pour préparer ce qui deviendra son musée. En 1895, il fait notamment de grands ateliers aux étages supérieurs, je vous partagerai quelques œuvres qui m’ont fait vibrer. 😉
Un artiste passe une grande partie de sa vie à créer. Mais que reste-t-il de son univers lorsque ses œuvres quittent son atelier et se dispersent ? Ici, Moreau a choisi une autre voie : laisser une trace de son monde.
Gustave Moreau : qui était ce mystérieux peintre ?
Avant de continuer ma visite, faisons un peu connaissance avec l’artiste. 😉
Gustave Moreau naît à Paris en 1826. Il devient l’une des grandes figures du symbolisme français au XIXe siècle. Son univers est très différent de celui des peintres qui cherchent simplement à représenter ce qu’ils voient. Chez Moreau, la peinture nous entraîne ailleurs. La mythologie, la Bible, les légendes, les héros, les femmes mystérieuses, les créatures fantastiques et les symboles occupent une place immense dans son travail.
Autant vous dire que j’étais au bon endroit ! 😀 Je suis moi-même fascinée par la mythologie et par la façon dont les artistes représentent le corps féminin. J’aime lorsqu’une œuvre raconte une histoire, mais aussi lorsqu’elle laisse une place à notre propre imagination. Et chez Gustave Moreau, de l’imagination… il y en a partout. 😉
Entrer dans l’appartement de Gustave Moreau
Avant de découvrir les grands ateliers à l’étage, je commence ma visite par l’entrée puis les pièces principales. Et là, l’ambiance change complètement. J’ai presque l’impression que l’artiste m’ouvre la porte de chez lui et m’invite à boire un café. 😊 Je ne regarde plus seulement les œuvres d’un peintre célèbre, je découvre son quotidien, ses goûts, ses couleurs et les objets dont il aimait s’entourer.
Les murs sont couverts de tableaux et de portraits. Autour de moi, je découvre des meubles anciens, des miroirs dorés, des horloges, des sculptures, de la porcelaine et de nombreux objets décoratifs. Il y en a presque partout ! 😃 Chaque pièce semble raconter une petite partie de son histoire.

📸 @ Cindy STEINBERGER – Musée Gustave Moreau Paris

📸 @ Cindy STEINBERGER – Musée Gustave Moreau Paris
Finalement, j’avais déjà l’impression de visiter un musée dans un appartement. Et c’était justement son objectif : préserver son univers et ses œuvres dans la maison où il avait vécu et créé.

📸 @ Cindy STEINBERGER – Musée Gustave Moreau Paris

📸 @ Cindy STEINBERGER – Musée Gustave Moreau Paris
Découvrir le lieu de vie d’un artiste change notre regard

📸 @ Cindy STEINBERGER – Musée Gustave Moreau Paris
Cette visite m’a aussi fait voir les œuvres autrement. Dans un musée, nous découvrons souvent un tableau bien éclairé, parfaitement accroché et accompagné de son petit cartel. Mais avant d’arriver sur ce beau mur, l’œuvre est née quelque part : dans un atelier.
Au milieu des pinceaux, des croquis, des couleurs et des essais… mais aussi des hésitations. Et sûrement de quelques « Mais qu’est-ce que je suis en train de faire ? » 😄 En tant qu’artiste, je connais bien ces moments ! Découvrir la maison et les ateliers de Gustave Moreau m’a donc permis de voir l’homme derrière le peintre. Un homme qui observait, collectionnait, imaginait et surtout vivait entouré d’art.

📸 @ Cindy STEINBERGER – Musée Gustave Moreau Paris

📸 @ Cindy STEINBERGER – Musée Gustave Moreau Paris

📸 @ Cindy STEINBERGER – Musée Gustave Moreau Paris
Et vous, si vous pouviez pousser la porte de la maison ou de l’atelier d’un artiste, lequel choisiriez-vous ? 😊
L’escalier de Gustave Moreau : une œuvre à lui tout seul

📸 @ Cindy STEINBERGER – Musée Gustave Moreau Paris
Puis vient le moment de quitter l’intimité de l’appartement pour rejoindre les ateliers. Et là… Impossible de ne pas remarquer l’escalier en spirale, une oeuvre d’art ! Il possède quelque chose de théâtral vous ne trouvez pas ? Avec ses courbes élégantes et sa structure métallique, il semble presque flotter au centre de la pièce. Il relie les deux grands ateliers construits à la fin de la vie de Moreau. Le musée indique que cet escalier a été conçu dans le cadre des transformations réalisées par l’architecte Albert Lafon en 1895.
Je trouve qu’il accompagne merveilleusement bien la visite : on quitte progressivement le monde quotidien de Gustave Moreau pour monter vers son monde imaginaire.
Les ateliers : changement de dimension !
Une fois arrivée dans les ateliers, je me retrouve entourée de tableaux. Après les petites pièces chargées de souvenirs, je découvre de grands espaces avec de hauts murs couverts de peintures.Certaines œuvres sont monumentales. Il faut parfois reculer pour les regarder dans leur ensemble, puis s’approcher pour découvrir leurs détails.
C’est là que j’ai vraiment commencé à entrer dans l’univers symboliste de Gustave Moreau. Mythologie, spiritualité, femmes mystérieuses, héros, animaux fantastiques, paysages imaginaires… Son monde semble parfois se situer quelque part entre le rêve et la légende. Et parmi toutes les œuvres exposées, certaines m’ont particulièrement touchée, c’est ce que je vais vous partagéer ci-dessous.
La Sirène et le Poète : beauté, désir et mystère

📸 @ Cindy STEINBERGER – Musée Gustave Moreau Paris
La première œuvre qui m’a attiré l’oeil est La Sirène et le Poète.
Impossible pour moi de rester indifférente ! Depuis toute petite, la mythologie me fascine. Alors forcément, lorsqu’une sirène apparaît devant moi, je m’arrête. 😃 La sirène est belle, mystérieuse et peut-être même un peu dangereuse. Elle attire autant qu’elle inquiète.
Mon regard s’est posé immédiatement sur le corps de la femme. Sa peau claire ressort au milieu des couleurs beaucoup plus sombres. Elle semble dominer toute la scène. À ses pieds se trouve le poète, presque à sa merci.
Qui est vraiment cette sirène ? Est-elle sa muse ? Une tentation ? Une apparition ? Est-elle là pour l’inspirer… ou pour le perdre ? Avec les sirènes, mieux vaut quand même rester prudente ! 😉
Gustave Moreau a travaillé plusieurs fois autour de ce thème. En 1894, il reçoit notamment une commande de carton de tapisserie pour la Manufacture des Gobelins autour de La Sirène et le Poète. Ce que j’aime surtout dans cette œuvre, c’est son mystère. Moreau ne nous donne pas toutes les réponses. Et finalement, tant mieux ! Je n’ai pas besoin qu’un tableau m’explique tout. J’aime lorsqu’une œuvre me laisse imaginer ma propre histoire.
Et vous, que voyez-vous dans cette sirène : une muse ou un danger ?
Fleur mystique : une œuvre qui invite à lever les yeux

📸 @ Cindy STEINBERGER – Musée Gustave Moreau Paris
Une autre peinture m’a beaucoup impressionnée : Fleur mystique.
Et le mot « impressionnée » est presque trop faible ! 😄 Sur une photo, il est difficile d’imaginer la taille réelle des œuvres de Gustave Moreau. Certaines sont gigantesques. Et non, je n’exagère pas ! 😉 Face à elles, on se sent vraiment toute petite.
Au centre de Fleur mystique, une femme s’élève au-dessus d’une multitude de personnages. Elle semble sortir de la terre et pousser vers le ciel. Personnellement, elle me fait penser à une fleur de lotus, symbole d’élévation et de transformation.
Cette œuvre m’a procuré une sensation très différente de La Sirène et le Poète. Ici, j’ai ressenti quelque chose de beaucoup plus spirituel. Mon regard commence par la foule sombre située en bas du tableau. Puis il remonte naturellement. Encore et encore… jusqu’à cette femme qui domine toute la composition. Elle semble s’élever au-dessus des autres et se rapprocher du ciel.
Elle m’a rappelé ce que j’avais ressenti en découvrant la vue panoramique depuis la basilique du Sacré-Cœur. Lorsqu’on regarde le monde d’en haut, quelque chose change. On ralentit, se rescentre et on observe autrement. C’est presque une invitation à l’introspection. Prendre de la hauteur pour mieux regarder ce qui se passe en soi.
Et devant un tableau aussi immense, croyez-moi… prendre de la hauteur commence déjà par lever très haut les yeux ! 😄
Salomé dansant : quand le corps devient une œuvre dans l’œuvre

📸 @ Cindy STEINBERGER – Musée Gustave Moreau Paris
Puis je me suis retrouvée devant Salomé dansant.
J’aime particulièrement observer la manière dont les artistes représentent le corps des femmes. Il peut raconter tellement de choses : la sensualité, la puissance, la fragilité, la liberté, le désir ou encore le mystère.
Avec cette oeuvre, mon regard a immédiatement été attiré par cette belle silhouette lumineuse, au milieu d’un décor beaucoup plus sombre et riche. Mais surtout… approchez-vous ! 😉 De loin, on voit une femme. De près, on découvre presque une œuvre à l’intérieur de l’œuvre.
Je vous ai partagé une photo en gros plan à droite de la photo pour vous montrer les détails du corps de Salomé. Et le mot « détails » est encore bien faible ! 😄 Sa peau est recouverte de motifs extrêmement fins. Ils ressemblent presque à des tatouages, avec des formes qui m’évoquent des ornements orientaux ou asiatiques comme le lotus qui se situe au centre de sa poitrine.
C’est exactement le genre de détail qui me fascine. On pourrait passer rapidement devant le tableau et ne jamais le remarquer. Mais lorsqu’on prend le temps de s’approcher, une nouvelle œuvre apparaît sous nos yeux.
Prométhée : la mythologie s’invite dans ma visite

📸 @ Cindy STEINBERGER – Musée Gustave Moreau Paris
Mythologie grecque + peinture = vous avez toute mon attention ! 😃
Impossible pour moi de passer devant Prométhée sans m’arrêter. Dans la mythologie grecque, Prométhée vole le feu aux dieux pour l’offrir aux hommes. Un geste qui ne plaît pas vraiment à Zeus… et c’est peu dire ! 😅 Pour le punir, il le condamne à un terrible supplice. Gustave Moreau peint son « Prométhée » en 1868. Et encore une fois, les dimensions sont impressionnantes : la toile mesure plus de deux mètres de haut. Face à elle, impossible de ne pas lever les yeux.
Mais ce qui m’a surtout marquée, c’est l’attitude de Prométhée. Son corps souffre. Pourtant, je ne vois pas un homme vaincu. Bien au contraire. Il regarde au loin. Il semble digne, fort, malgré ce qu’il endure. Comme s’il refusait de laisser la souffrance prendre le dessus.
Et c’est justement cette opposition entre la souffrance du corps et la force intérieure qui m’a laissé part à ma propore réflexion. Car derrière leurs dieux, leurs héros et leurs créatures fantastiques, les récits mythologiques parlent finalement d’émotions que nous connaissons tous : la peur, le courage, la colère, le sacrifice, la souffrance ou encore la résistance.
C’est peut-être pour cela que la mythologie continue de nous fasciner, même après des siècles. Les époques changent, mais finalement, les grandes questions restent souvent les mêmes.
Amour, désir, peur, courage, jalousie, pouvoir, sacrifice, espoir… Les personnages sont parfois des dieux, des héros ou des créatures fantastiques, mais leurs histoires parlent surtout de nos émotions et de nos choix. Et c’est peut-être là toute la magie de la mythologie : raconter des histoires extraordinaires pour parler de choses profondément humaines. 😉
Finalement, plusieurs siècles nous séparent de ces récits… mais avons-nous vraiment tant changé ? 😉
La Vie de l’Humanité : raconter une existence en neuf tableaux

📸 @ Cindy STEINBERGER – Musée Gustave Moreau Paris
Une autre œuvre m’a touché par son titre : La Vie de l’Humanité.
Cette fois, Gustave Moreau ne raconte pas une seule histoire. Il réunit neuf tableaux sur trois niveaux, surmontés d’une scène représentant le Christ. Au premier regard, l’ensemble m’a fait penser à un immense retable. Puis, en découvrant sa symbolique, l’œuvre est devenue encore plus intéressante.
Moreau y représente les grandes étapes de la vie humaine. Il crée aussi des liens avec les saisons et les différents moments de la journée. Le premier niveau évoque l’enfance avec Adam. Le deuxième nous conduit vers la jeunesse, la poésie et l’inspiration, notamment avec Orphée et Hésiode. Enfin, le dernier aborde la maturité à travers Caïn, mais aussi le travail, le repos et la mort.
Après tout, une vie n’est pas seulement faite de grandes étapes. Elle est aussi composée de tout ce qui nourrit notre monde intérieur : créer, imaginer, raconter, ressentir et rêver.
Et vous, quelle place occupe la créativité dans votre vie ?
Mon avis sur le Musée Gustave Moreau à Paris
⭐⭐⭐⭐⭐
Chez Dalí, j’avais découvert un univers surréaliste, surprenant et parfois amusant. Chez Gustave Moreau, j’ai davantage ressenti le mystère, l’intimité et la contemplation.
Ce que j’ai surtout aimé, c’est découvrir deux facettes du même homme. En bas, son appartement dévoile ses meubles, ses objets et ses souvenirs. Quelques marches plus haut, l’ambiance change complètement. Ses grands ateliers nous plongent dans un monde peuplé de mythologie, de femmes mystérieuses, de héros et de symboles. Comme si cette maison possédait deux visages : celui de l’homme qui vivait ici et celui de l’artiste qui rêvait ailleurs.
Mon véritable coup de cœur reste d’ailleurs son appartement. C’était la première fois que je visitais le lieu de vie d’un artiste avec autant de ses œuvres autour de moi. Et puis, je dois le dire : Gustave Moreau avait plutôt bon goût en décoration ! 😄 Cette visite m’a aussi beaucoup inspirée. Je suis repartie avec des couleurs, des motifs et des détails plein la tête. Certaines œuvres m’ont même donné envie de retrouver mes pinceaux et de reprendre certains de mes tableaux que je n’ai pas terminé 😊
J’accorde donc sans hésiter 5 belles étoiles à ce musée ! ⭐⭐⭐⭐⭐ Je le recommande aux amoureux du symbolisme et de la mythologie, mais aussi aux curieux qui apprécient les lieux intimes et insolites.Venue pour découvrir les œuvres de Gustave Moreau, je suis repartie avec l’impression d’avoir aussi rencontré un peu de l’homme qui se cachait derrière elles. C’est probablement ce que je retiendrai le plus de cette visite. 😊
Pour ma prochaine visite, changement de décor ! Je quitte l’univers intime de Gustave Moreau pour un lieu où tout semble avoir été pensé en grand, en très très GRAND : le château de Versailles et ses jardins. 👑 Des appartements richement décorés aux œuvres d’art, en passant par les perspectives impressionnantes des jardins, je vous emmènerai avec moi à la découverte de ce lieu de l’histoire et du patrimoine français. Et quelque chose me dit que nous allons encore avoir beaucoup de belles choses à observer…😉
